Les défis et les perspectives liés à la prise en charge des personnes autistes notamment avec le vieillissement et le décès des parents ont été au centre d’une rencontre de communication, jeudi 02 avril 2026 à Rabat, à l’initiative de l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) en partenariat avec l’Association des “parents et amis des enfants de la passerelle” (APAEP), à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.
Cet évènement, organisé sous le thème “l’après parents des personnes autistes”, visait à mettre en lumière les limites du modèle exclusivement familial et à plaider pour une approche communautaire inclusive garantissant la continuité des soins et de la prise en charge inclusive de cette catégorie.
La rencontre, qui a réuni un parterre d’universitaires et de chercheurs dans les domaines du handicap et de la gériatrie, s’assignait également pour objectif de présenter les perceptions des familles quant à la gestion de la phase de vieillissement des personnes avec autisme, ainsi que d’élaborer des propositions pratiques concernant les types d’institutions et les lieux de vie alternatifs pour les accueillir à l’avenir.
A cette occasion, le directeur de l’ISIC, Abdellatif Bensfia, a souligné que cette rencontre, la première du genre au sein de l’Institut, s’inscrit dans le cadre de l’engagement de cet établissement en faveur de l’institutionnalisation de l’action visant la consécration des questions liées au handicap dans leur sens global.
L’Institut veillera à organiser régulièrement des initiatives similaires afin de contribuer à approfondir le débat sur les problématiques liées au handicap, en particulier l’autisme, d’élargir l’intérêt sociétal et de susciter une mobilisation au sein des milieux professionnel et médiatique.
Pour sa part, le fondateur et président de l’APAEP, Farouk Alioua, a attiré l’attention sur la “double vulnérabilité” des personnes autistes après la perte de leur soutien familial, notant que la famille, premier cercle d’appui, est incapable d’assurer à elle seule la prise en charge des personnes avec autisme vieillissantes, d’où la nécessité d’une réflexion urgente à des alternatives institutionnelles efficaces.
Il a rappelé, dans ce sens, que l’association a été pionnière avec la création de la première structure familiale pour la prise en charge de cette catégorie en 1994, relevant que le défi actuel réside dans le fait que ces enfants vieillissent en même temps que leurs parents, “ce qui impose l’adoption d’une approche proactive garantissant leur accueil et leur stabilité psychologique, sociale et financière”.
D’un point de vue médical, la présidente de la Société nationale marocaine de gériatrie et de gérontologie (SNMGG), Mouna Maâmar, a jeté la lumière sur l’état de santé de ceux qui prennent en charge les personnes autistes, en particulier les parents, relevant que les données cliniques et scientifiques confirment que ces derniers sont exposés, au fil du temps, à des séquelles comme l’épuisement psychologique et la dépression, ainsi qu’à un risque accru de maladies associées telles que les problèmes cardiovasculaires.
Pour alléger ce fardeau, Mme Maâmar a suggéré des solutions pour accompagner les familles de manière structurée, notamment la création de centres de jour offrant un répit aux parents et la mise à disposition d’assistants professionnels formés, appelant à accorder une attention particulière au mode de vie après l’âge de quarante ans, afin de réduire la perte de masse musculaire et le déclin consécutif des capacités cognitives et physiques des assistants.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la dynamique d’ouverture adoptée par l’ISIC sur les questions sociétales et citoyennes, qui s’est traduite par l’intégration de la spécialité du “journalisme inclusif” dans son cursus, dans le but de former des professionnels des médias capables de défendre les droits des personnes en situation de handicap et de suivre leur actualité.